L'autre jour, en surfant sur la FM, mon oreille a été captée par Jude Stefan qui
s'exprimait dans une émission littéraire de France Culture. Jude Stefan, admirable poète, méconnu du grand public, est également un nouvelliste. Et ces propos, à cet égard, m'ont intéressé. Il
avouait que sa création littéraire prenait son temps et sa profondeur au rythme de sa plume courant sur le papier. Le format court s'invente sans façon, ni arrière pensée, ça coule de source,
aurait-il pu dire. La première phrase entraîne la suivante jusqu'à l'épuisement au terme de quelques pages, jusqu'à la chute qui vient comme une cerise. Notre homme distillait ses paroles avec des
petites pointes d'ironie contenue, c'était un régal de pincesansririsme. Jude Stefan de surcroît est un créateur de mots, il engendre de nouveaux vocables qui demain feront florès ou non. Voilà
bien, un tenant de la langue vivante, rejetant aux calendes les fossoyeurs académiques et les petits commissaires de la syntaxe. J'ai retenu celui-ci: "manusturber", tout est dans la
précision manuelle devront reconnaitre les branleurs et les branleuses. Ma mémoire flanche, et je ne les ai pas notés. Dommage ! Pourquoi la nouvelle littéraire est-elle considérée en France comme
un genre mineur ? Jude Stefan a parlé du Goncourt de la nouvelle, ignoré des médias, avec une vachardise mouchetée qui m'a ragaillardi.Connaître Jude Stefan
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