Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Mamie George Sand agitait ce slogan comme un étendard au-dessus de sa vie dissolue et libre dans le XIXème siècle de Monsieur Prudhomme : en substance « Une romancière digne de ce nom ne saurait avoir une vie que romanesque ». Ma vie est un roman, j’écris le roman de ma vie ! Dès lors, sans le roman vécu de sa vie où l’auteur épuise sa propre expérience, les intrigues comme les sentiments inclus dans son œuvre sentiraient le fabriqué, le toc en quelque sorte ! Vint ensuite le chapelet des artistes cauteleux et maudits, poètes ou rapins ; plus la dèche leur collait aux basques, plus le génie devait les auréoler post mortem, une fois la dernière pelletée de terre jetée sur leur carré triste du cimetière.

Périodiquement, ressort l’antienne, la scie, le souverain poncif qui voudraient accréditer l’idée selon laquelle, il n’y aurait de véritable auteur de polar ou de roman noir que les ceusses qui auraient bouffé de la vache enragée, connu la taule, vivoté de 36 métiers 36 misères, brefs des maudits qui « savent de quoi qu’ils causent ». Les autres ne seraient que des imaginatifs besogneux, des Spontex qui suintent d’emprunts divers, des truqueurs en quelque sorte. Et le grand mot doit être lâché : des illégitimes ! Dans ces conditions, bien évidemment la fiction est déclassée par la réalité vécue par l’auteur. Manchette nous le dit sans ambages à propos de Alexandre Dumal au passé agité : « Pour savoir écrire, il faut savoir vivre. » 

Polardeux oblitéré authentique

La lecture, les discussions, les voyages, l’immersion, le reportage, la documentation et le travail d’écriture participent de la palette de l’écrivain. Alors, le vécu de surcroît, sans doute rajoute-t-il la touche vériste, mais seul le vécu ne remplace pas à lui seul le talent de l’écrivain. Pour un Jean Genet ou un Alphonse Boudard ou un Hafez Benotman, combien de praticiens de la mouise se sont vautrés dans la médiocrité et ont pondu des bouses.

Alors gardons raison, sinon  exit de notre Panthéon : le bourgeois Simenon ou le sage Westlake et combien d’autres dont la vie sans histoire suffirait à les disqualifier. Ces balivernes n’ont aucun sens, faudrait-il devenir serial killer pour écrire un polar du genre considéré. Faudrait-il tuer pour s’emparer de la psychologie d’un tueur ? L’imagination n’exprime aucune limite qu’elle refuserait d’outrepasser. Les exemples sont légion en littérature policière. J’arrête-là. Trop vénère quand on me ressert périodiquement ce plat ranci du polardeux oblitéré authentique, car, des fois, je me retourne sur ma vie, somme toute si paisible !

Tag(s) : #Des fois - ça me démange...
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :